Réalisations du XXème siècle

Des années 60 aux années 80, poussés par la montée en puissance des loisirs et la croissance économique des Trente Glorieuses, des architectes, des urbanistes et des gens du pays vont inventer les stations que nous connaissons aujourd’hui. De cette époque subsiste un patrimoine riche et parfois méconnu. Voyage au cœur du patrimoine du XXème siècle des stations de ski.

[Les Karellis – Savoie] – L’architecture des Karellis, retour à l’échelle humaine.

En matière de stations de ski, l’activité de l’AAM ne se limite pas aux Arcs. Avec la station des Karellis, l’AAM retrouve une dimension qui lui est plus familière et qui convient mieux à ses idéaux sociaux et architecturaux10. La station est conçue par son promoteur, l’association Renouveau, comme une station-village faite de villages de vacances répartis autour de la grenouillère. Un bâtiment accueillant les équipements, services et commerces dénommé le Forum forme le centre d’attraction de l’ensemble (fig. 20). Il épouse la forme arrondie de la grenouillère, il est abrité sous un toit dont les ondulations prolongent celles du terrain. Comme aux Arcs, les bâtiments semblent naître du terrain. L’échelle est plus proche de celle des réalisations de l’AAM à Courchevel. Les bâtiments sont plus compacts et l’architecture plus fermée. Il est évident que ces choix architecturaux sont conditionnés par la clientèle visée qui est davantage familiale et non exclusivement tournée vers une pratique sportive du ski mais vers un séjour en montagne agrémenté d’activités variées

[La Plagne – Savoie]  – Le Bâtiment d’Aime 2000

L’histoire de la construction…
Le bâtiment d’Aime 2000, création de l’architecte Michel Bezançon, était novatrice et porteuse d’une forme d’organisation sociale inédite. A l’aube du développement du tourisme de sports d’hiver de masse, le contexte était tel que l’architecte avait pour défi de réaliser un bâtiment composé d’un minimum de 2500 lits sur une superficie réduite de 220 mètres sur 40 à 50 mètres de large. Ces contraintes prenaient en compte à la fois le terrain gypseux environnant et le nombre de lits minimum requis pour obtenir le financement de la route d’accès. Partant du principe que « c’est le site qui commande l’architecture », Michel Bezançon a opté pour un ensemble monolithique et compact.

Le concept de station intégrée
Le bâtiment est donc le fruit d’une réflexion d’architecte qui répondait à toutes les attentes de l’époque : recherche d’un ensemble homogène pour un habitat temporaire adapté à des niveaux de vie différents et des goûts variés. Le résultat final s’apparente à un « Paquebot des neiges » où les touristes partent en croisière de montagne avec résidence, centre commercial, équipements collectifs, hôtel, restaurants reliés par des galeries marchandes ultra-modernes dessinées par Pierre Garriche et des escaliers/ascenseurs qui débouchent sur ces galeries… Toute l’animation des équipements collectifs est pensée avec une séparation entre la circulation des skieurs, des piétons et des automobiles. Le concept de station intégrée voyait le jour !! Plus  qu’un immeuble, c’est un village à lui tout seul !

La forme du bâtiment composée de 3 sommets ne doit rien au hasard. Au delà du fait que l’on puisse le voir de la vallée, voire même le confondre avec un sommet ou un rocher, l’architecte a également voulu que tous les appartements de la copropriété (la moitié à l’époque) situés sur les angles aient des terrasses.

Le bâtiment d’Aime 2000 à l’heure du XXIème siècle…

Ce site « économe en espace » organisé en fonction de la pratique intensive du ski a évolué pour s’adapter aux nouvelles exigences de la clientèle et optimiser la fréquentation touristique du site. Les studios ont notamment été réunit pour former des appartements et de nombreuses rénovations ont été réalisées.

Que l’on aime ou pas, cette architecture ne laisse personne indifférent ! Il est à noter que ce bâtiment bénéficie du meilleur taux de fidélisation des sites de la Plagne et ce à plusieurs titres : à commencer par le panorama exceptionnel sur le Mont Blanc et les massifs environnants, l’enneigement garanti à plus de 2000 mètres d’altitude, l’accès direct aux pistes et son côté fonctionnel de bâtiment/village où l’on peut acheter son pain en chaussons après le ski ! Par son agencement et son organisation de plain-pied, le bâtiment d’Aime 2000 est particulièrement adapté à l’accueil de la clientèle handicapée en fauteuil. « Antenne Handicap », école de ski spécialisée créée par Marc Gostoli y a vu le jour en 1995.

[Courchevel – Savoie] – Bâtiments classés

A Courchevel, il existe aussi de nombreux bâtiments classés patrimoine architecturale du 20ème siècle. Comme la Chapelle Notre-Dame de L’Assomption crée en 1953 et sa baie vitrée coulissante qui permet de suivre les offices même depuis l’extérieur et le prêtre bénéficie d’un autel circulaire.

[Vallée de l’Ubaye – Alpes de Haute Provence] – L’immeuble de la Voile des Neiges

Sa silhouette évoque celle des montagnes qui la regardent. Située au cœur de la station de Pra Loup, son architecture rappelle immédiatement que vous êtes à la montagne.

[Les Orres – Hautes Alpes] – Les Orres, une station sans voitures depuis sa naissance

Force est de constater qu’en 1970, nos architectes et dirigeants se focalisaient déjà sur un sujet devenu en vogue aujourd’hui : préserver l’environnement naturel. En effet, aux Orres, « la station est organisée selon le principe de station sans voitures, d’où un tracé des routes et des pistes en peigne, assurant à chaque résidence un accès skis aux pieds. L’implantation de chaque construction prévoit de limiter les mouvements de terre et de respecter les mélèzes présents sur le site. Disposés au cœur de la station, les équipements d’animations et les commerces épousent le plan concave ouvert sur le paysage. Source : http://www.culture.gouv.fr/paca/dossiers/xxeme_label/notices/05/orres/st…

[Villard de Lans – Isère] – Architectures du climatisme

Il fut un temps où le Vercors était le paradis des enfants. Grâce au contrôle médical rigoureux on avait la garantie de ne pas attraper la tuberculose et, arrivé faible ou malingre, on était certain de retrouver une bonne santé. Cette période florissante a marqué le territoire de ses constructions caractéristiques.
Climat sain, cure de repos, cure de bon air et de soleil, exercice physique modéré, suralimentation : le principe du climatisme consistait à renforcer le corps pour aider l’individu à mieux résister aux microbes. Villard de Lans avait un atout majeur : une altitude moyenne de 1 000 m où l’air est toujours pur, un bon ensoleillement toute l’année, un froid sec en hiver, la fraîcheur de l’été.
Les bâtiments du climatisme sont à chaque fois « de leur temps », car ils utilisent les possibilités et solutions techniques du moment. Le fer et le béton autorisent les grandes fenêtres, les galeries largement vitrées et les grands balcons confortables. Le linoléum et le grès cérame sont des matériaux hygiéniques, le toit à une seule pente permet d’ouvrir la plus longue façade au soleil.
Cette hygiène de vie a produit des formes architecturales nouvelles qui passeront plus tard dans l’habitat domestique, où le « bien vivre » aura les mêmes exigences : grandes fenêtres, balcons, facilité d’entretien.